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Une page pour se souvenir

Côtes-d'Armor : une maison hantée à Plerneuf ?

Publié le 27 Mars 2017 par Une page pour se souvenir in Le monde de l'étrange

Source : L'écho de l'armor et de l'argoat (30 octobre 2015)
 
Côtes-d'Armor : une maison hantée à Plerneuf ?
 
Année 1930 à Plerneuf, entre Guingamp et Saint-Brieuc. On parle d'une mystérieuse maison hantée...
 
On sait que la Bretagne est une terre de magie et d’enchantements. Une terre, en équilibre au bord du monde, où tous les possibles sont en gestation et où, bien souvent, des esprits viennent, de l’Autre Monde, pour visiter ou revisiter le nôtre.
 
Le Braz n’a-t-il pas consacré, dans son époustouflante Légende de la Mort, un chapitre entier à ces revenants, plus ou moins aimés et plus ou moins aimables.
 
Mais là, à Plerneuf, en pleines Côtes-du-Nord, que se passe-t-il à l’aube de cette décennie 1930 de tous les dangers et de tous les bains de sang ?
 
Que se passe-t-il, dans la demeure de Pierre Aufray, à la Ville-Cario, qui vit là, tranquillement, entouré de l’affection de sa fille Françoise, veuve d’un certain Steunou, et de celle de sa petite fille Anne-Marie qui vient à peine de souffler ses douze bougies ?
 
Dans la petite commune des Côtes-du-Nord, depuis une quinzaine de jours, les esprits s’échauffent et les langues claquent. On parle. On murmure. La rumeur enfle et prend une ampleur inouïe.
 
Il n’est question que de bruits suspects, qui se font entendre toute la nuit
La rumeur ? Oui, celle qui veut, celle qui prétend, celle qui assure même que la maison de Pierre Aufray serait le théâtre d’événements inexpliqués et pour tout dire, paranormaux. Qu’on le dise franchement, elle prétend, cette rumeur, que la demeure des Aufray serait rien moins que… hantée !
 
Han-tée ! Brrrr. On a beau savoir qu’en Bretagne les esprits sortent lors de certaines nuits particulières de l’année, comme celle de la Toussaint qui a succédé à la vieille fête celtique de Samonios, une nouvelle comme celle-là ne peut évidemment laisser indifférent. « Il n’est question que de bruits suspects, qui se font entendre toute la nuit, écrit le chroniqueur de l’Ouest-Eclair, de coups frappés et d’appels invisibles… »
 
Séances de spiritisme
 
On a beau tourner le problème dans sa tête et se dire que par essence un appel est invisible, tout comme un nain est petit ou géant est grand, la nouvelle fait le tour du patelin, échauffe les esprits et glace les échines.
 
Bientôt on vint en foule à la Ville-Cario, assister – ou participer ? – à des séances de spiritisme.
 
« Les curieux s’en retournaient gros Jean comme devant, mais pas convaincus le moins du monde. » De quoi ? De l’existence du fantôme ? Ou de l’affabulation. Il y en a, en tout cas, qui ne s’en laissent pas conter, tout investis de la raison de la République qu’ils sont, ce sont les pandores, esprits forts s’il en est et tout ce qu’il y a de plus réfractaires aux superstitions comme au fédéralisme du reste, les deux allant de pair dans le catéchisme bien compris de ladite république.
 
Il y a des nuits où la lampe danse le cancan
A leurs questions, Anne-Marie annonça que c’était elle, l’espiègle, qui faisait du bruit en grattant le bois de son lit pour effrayer maman et le grand-père. Ce à quoi les deux protagonistes concernés réagirent vivement arguant, pour l’une qu’« il y a des nuits où la lampe danse le cancan toute seule sur la commode et où les statues pieuses se mettent à marcher en rang, comme à la parade » et pour l’autre qu’il a vu marcher des ombres dans le grenier !
 
En tout cas, conclut le chroniqueur, il est temps que cette situation cesse car d’ici peu « il y aura de nouveaux pensionnaires à Léhon ou au Bon-Sauveur de Bégard » [2].
 
Thierry Jigourel
 
2] Hôpitaux psychiatriques, appelés à l’époque « asiles de fous ».
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