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Une page pour se souvenir

Bébé secoué. La cour acquitte la mère

Publié le 22 Novembre 2017 par Une page pour se souvenir in Faits divers, Bretagne

Bébé secoué. La cour acquitte la mère

Info source : Le Télégramme Saint-Brieuc. Mercredi 22 novembre 2017. 

Deux accusés. Un seul coupable. La cour d’assises des Côtes-d’Armor a acquitté, ce mardi, la mère d’une petite fille de 7 mois, morte après avoir été secouée, en janvier 2012. Son compagnon de l’époque a été condamné à six ans de réclusion criminelle.
 
Il est un peu plus de 16 h, ce mardi, quand la cour d’assises des Côtes-d’Armor se retire après quatre jours d’audience. La jeune mère de famille, jugée depuis jeudi pour la mort de sa petite fille de 7 mois, d’un syndrome du bébé secoué, vient d’être acquittée. Elle sort du box en libérant de longs sanglots sonores. S’approche de sa famille sans y trouver aussitôt des bras ouverts. Il y a dans une partie de l’assistance tournée vers elle, des regards poursuivant le procès dans une ténacité muette. Comme si le verdict n’avait pas éteint toutes les questions. Elle, acquittée. Son ex-compagnon condamné à six ans de réclusion criminelle.
 
Pendant quatre jours, la cour d’assises des Côtes-d’Armor a tout tenté pour faire la lumière sur ce sombre huis clos familial ayant couvé la mort brutale d’un nourrisson de 7 mois, le 21 janvier 2012 à Saint-Brieuc. Las. Aucun aveu n’est venu rendre service à ce dossier difficile. Aucune preuve matérielle pour épargner aux jurés la nécessité de se forger une intime conviction.
 
« Soit l’un, soit l’autre ». Depuis le début, l’équation était simple. Personne d’autre que ces deux accusés n’a pu causer la mort, fermement établie par le légiste comme ayant été causée par un « secouement d’une extrême violence », de la petite fille.
 
Mutisme et ambiguïtés
 
La cour a dû se débrouiller avec le mutisme de l’un et les ambiguïtés de l’autre. La présidente avait tout tenté pour les estomper. Et tester au passage ce portrait de la « maman hors pair » qu’on lui soumettait. À l’aune de considérations moins lumineuses. Les stupéfiants. Les histoires de violence. Et surtout : des mensonges, sans cesse. Des mensonges capables de ruiner, par surcroît, la crédibilité de sa démarche : deux ans et demi après les faits, l’accusée avait écrit au juge d’instruction pour lui signaler qu’elle avait vu son ancien compagnon secouer la petite sous ses yeux. À cause d’une dispute. Parce qu’elle voulait le quitter.
 
La cour avait tiqué à l’occasion des débats : comment une mère venant de perdre son enfant aurait pu cacher si longtemps une telle chose, et en réserver la confidence à un juge et pas un proche ? Et faire croire si longtemps que la petite fille était morte d’une rupture d’anévrisme, et pas d’un syndrome du bébé secoué ? Puis rester en ménage après le drame avec son compagnon ? Pour l’accuser ensuite d’être violent ?
 
Jamais révolté
 
Lui ne s’est jamais révolté d’être ainsi accusé. Il a toujours nié. Mais sans convaincre. Après tout, il a aussi nié avoir un problème avec l’alcool, et ce, malgré plusieurs condamnations en établissant la preuve. Il n’a pas expliqué les trous dans les portes de l’appartement. Ses jeux avec des étoiles de ninja. Surtout, il n’a pas éliminé les soupçons pesant sur lui, au sujet d’hématomes remarqués sur la petite fille, juste avant sa mort - mais sans lien de causalité -, et qui pourraient relever du moment où il s’est retrouvé seul avec les enfants. Elle était partie acheter du cannabis, avait fini par lâcher un témoin. Lui avait expliqué que c’est le grand frère qui avait joué trop fortement avec la petite sœur. « Il était amoureux, il n’avait aucun motif qui justifierait une telle violence », a plaidé pour finir son avocat, M e Sandrine Dangeon. Cela n’a pas suffi à entamer la conviction des jurés. Il a désormais dix jours pour faire appel.
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